06.00

LES SANCTUAIRES D’ÉPICES

CROCUS DE KOZANI, LE SAFRAN GREC
Série documentaire (Allemagne, 2024, 8x43mn) - Réalisation : Heike Nikolaus - Coproduction : ZDF/ ARTE, Moers Media

06.45

LES SANCTUAIRES D’ÉPICES

LES BAIES DE GENIÈVRE D’ALBANIE
Série documentaire (Allemagne, 2024, 8x43mn) - Réalisation : Jewgenij Rudnyi - Coproduction : ZDF/ ARTE, Moers Media

07.30

ARTE JUNIOR, LE MAG

Magazine présenté en alternance par Magali Kreuzer, Dorothée Haffner, Frank Rauschendorf, Stefanie Hintzmann, Jakob Groth et Anne Seidel (2025, 15mn)

07.45

AUX CONFINS DE L’ALASKA

LES FASCINANTES ÎLES ALÉOUTIENNES
Documentaire de Manfred Uhlig (Allemagne, 2018, 43mn)
Entre l’océan Pacifique et la mer de Béring, les îles Aléoutiennes s’étendent en chapelet au large de l’État américain de l'Alaska. Sur l’île d’Unalaska, le policier Jason Pforsich part patrouiller autour de Dutch Harbour, l’un des plus importants ports de pêche des États-Unis. Dans cette ville côtière tranquille, les forces de l’ordre en viennent à chasser des délinquants peu ordinaires : les pygargues à tête blanche, rapaces peu farouches qui pullulent autour des chalutiers.

08.30

CUISINES DES TERROIRS

LES ÎLES LOFOTEN – NORVÈGE
(Allemagne, 2021, 26mn)
Une approche sensuelle de l’art culinaire "sur le terrain", à la rencontre de celles et ceux qui façonnent la cuisine, là où gastronomie et art de vivre ont leurs racines.

09.00

LES REQUINS QUI VENAIENT DU FROID

Documentaire de Christina Karliczek Skoglund (Allemagne, 2020, 52mn) - Coproduction : NDR Naturfilm/ARTE
Régnant sur les océans depuis des millions d’années, les requins n’écument pas que les mers tropicales. Tourné sous la glace et à de grandes profondeurs, le film part en quête de squales moins connus du grand public que l’on trouve dans les eaux glacées bordant les îles suédoises, le Groenland, les fjords norvégiens et l’Écosse. Adaptés à la survie en milieux extrêmes, ces requins sont eux aussi menacés, notamment par la surpêche.

09.45

LE GRAND CIRQUE DES MARÉES

Documentaire d’Alexis Barbier-Bouvet et Manuel Lefèvre (France/Allemagne, 2025, 1h30mn) - Coproduction : ARTE GEIE, Capa Presse
Sur les rivages de Bretagne, le long de ses côtes de granit, se répète à chaque marée basse un huis clos aquatique. Sur l’estran mélancolique, quand la mer se retire, habitants réguliers et visiteurs piégés se côtoient dans des arènes éphémères miniatures. Tous doivent survivre pendant treize heures. Le temps du flux, de l’étale et du reflux, les règles du jeu marin s’inversent jusqu’au retour de l’océan : les prédateurs peuvent devenir des proies, révélant des vulnérabilités inattendues, des alliances étonnantes se forment et des intrus tentent de s’adapter à cette nouvelle loi du plus fort. Seigneur incontesté et terrassier hors pair, le homard trouve dans le congre un précieux garde du corps. Le poulpe caméléon, monstre prédateur aux neuf cerveaux, chasse avec agilité, tandis que le crabe parade en quête d’amour. Dans son bunker, la patelle s’arrime à son rocher et le petit requin lutte contre l’asphyxie. En maraude, le goéland, lui, guette du ciel les imprudents, alors qu’en charognards patentés les nasses réticulées jouent les éboueurs. Quant au bernard-l’hermite, figure drolatique à la recherche d’un logement vacant et sûr, il se faufile dans cette guerre impitoyable. Combats titanesques Grâce à des techniques de prise de vues innovantes, cette fresque haletante façon Microcosmos, dont la marée devient le métronome dramaturgique, plonge au cœur de l’estran et de ses combats titanesques pour la survie. Car chaque heure accentue la tension : la température monte, l’eau s’évapore, la salinité augmente et l’oxygène se raréfie, poussant ce petit monde du chacun pour soi à inventer des stratégies pour résister. La nuit, d’autres batailles font rage, comme dans cette séquence spectaculaire où une étoile de mer, échouant à détruire le bouclier d’une coquille Saint-Jacques, se venge sur une moule et sort son estomac pour l’avaler. Mais en révélant les prouesses de ce bestiaire haut en couleur, cette épopée fantastique offre aussi, en les observant, un reflet saisissant du réchauffement climatique.

11.15

LA GRANDE MIGRATION DES POISSONS D’ARGENT

Documentaire de John Jackson et Thomas Labourasse (France, 2025, 43mn) - Raconté par Romane Bohringer - Coproduction : ARTE GEIE, La Caz’a Productions
Au large des côtes d'Afrique du Sud, au croisement des océans Atlantique et Indien, un extraordinaire spectacle se produit chaque année : le "Sardine Run", ou la migration de dizaines de millions de sardines, l'une des plus imposantes du monde animal en termes de biomasse. Ces nuées de rubans argentés effectuent un voyage de 1 500 kilomètres, de la côte orientale du cap de Bonne-Espérance jusqu’au rivage du KwaZulu-Natal, sur la côte est du pays, pour y frayer. L'effervescence de ces bancs de poissons attire un cortège de prédateurs en quête d'abondance. Les dauphins opèrent avec une précision militaire, les fous du Cap plongent du ciel comme des missiles, les requins et otaries fendent l’eau d'un élan implacable… Les baleines, elles, remontent des profondeurs pour se joindre au festin. Les images spectaculaires de ce documentaire de John Jackson et Thomas Labourasse, narré par Romane Bohringer, proposent une approche holistique des acteurs de cet écosystème mouvant.

12.00

LES ORQUES, PRINCES DES MERS

Documentaire de Florian Graner (Allemagne, 2024, 43mn) - Coproduction : NDR/ARTE, Doclights
Superprédatrices régnant au sommet de la chaîne alimentaire, les orques inquiètent autant qu’elles fascinent. Dotées d’une grande intelligence, elles présentent des structures familiales complexes organisées autour de rituels sociaux singuliers, de l’accouplement au deuil. Cependant, depuis que les attaques de bateaux se multiplient au large de Gibraltar, certains se posent la question : représentent-elles un danger pour l’homme ? Ou s’agit-il d’un simple jeu ? Survolant par drone la mer des Salish, située dans le nord de l'océan Pacifique, le biologiste marin et réalisateur de documentaires animaliers Florian Graner tente de percer les mystères de ces géants des mers.

12.45

HISTOIRES DE PHOQUES : ENTRE TERRE ET MER

Documentaire de Harold Arsenault (Canada, 2024, 43mn) - Production : Paul Cadieux

13.30

CHRISTINE

Film de Pierre Gaspard-Huit (France/Italie, 1958, 1h36mn) - Scénario : Pierre Gaspard-Huit, Georges Neveux, Hans Wilhelm, d'après une pièce de théâtre d'Arthur Schnitzler - Avec : Romy Schneider, Alain Delon, Jean-Claude Brialy, Micheline Presle, Sophie Grimaldi - Production : Spéva Films, Play Art, Rizzoli Film
Vienne, 1906. Le jeune lieutenant des dragons Franz Lobheiner est l'amant d'une femme mariée, la baronne Lena Eggersdorf. Insatisfait de cette liaison, il peine néanmoins à y mettre fin. Lors d'une soirée en compagnie de son ami Theo, il rencontre deux charmantes jeunes filles, la pétillante et délurée Mizzie, et la sage et tendre Christine. Franz s'éprend de cette dernière et souhaite l'épouser. Mais il lui faut d'abord rompre avec sa maîtresse. Naissance d'un amour Lorsqu'elle tourne Christine en 1958, Romy Schneider, âgée de 20 ans, est déjà une vedette du cinéma, après le succès de la saga des Sissi au-delà des frontières de l'Autriche, qui lui vaut le titre de "petite fiancée de l'Europe". Étrangement, elle reprend ici le rôle de sa mère, Magda Schneider, dirigée un quart de siècle auparavant par Max Ophuls dans Liebelei, titre de la pièce de théâtre d'Arthur Schnitzler qui a inspiré les deux films. Fastes mélancoliques de Vienne, bals et uniformes à épaulettes, façades impériales et secrets d'alcôve... : la romance sucrée entre le jeune officier volage et la douce Christine s'achève en mélo tragique et follement romantique dans cette version joliment mise en scène par Pierre Gaspard-Huit. Mais si l'émotion affleure à l'image dès la rencontre entre les deux beaux héros et si la sensualité perce à travers le décorum, c'est que Romy, comme Christine, succombe au regard bleu acier et au sourire enjôleur de son partenaire, Alain Delon. À la fin du tournage, elle le suit à Paris, au grand dam de sa famille et de ses admirateurs. Par l'entremise de l'acteur, elle fait la connaissance de Luchino Visconti, qui lui offre un premier rôle ambigu dans un des sketchs de Boccace 70. Tournant décisif dans sa carrière, Christine, plus trouble qu'il n'y paraît, symbolise l'adieu à Sissi.

15.10

MAYERLING

Film de Terence Young (France/Royaume-Uni, 1968, 2h18mn, VF) - Scénario : Terence Young d’après le roman éponyme de Claude Anet - Avec : Omar Sharif, Catherine Deneuve, James Mason, Ava Gardner, Andrea Parisy - Production : Winchester, Corona
Vienne, 1888. Le prince-héritier Rodolphe n’est guère heureux de son mariage arrangé avec la princesse Stéphanie. Il tombe amoureux de la jeune Marie Vetsera. La maison impériale désapprouve leur idylle et s’attache à séparer les amants. Rodolphe doit partir en manœuvres, et Marie s’exiler à Venise. Quand le couple se retrouve, l’empereur leur accorde un mois dans son pavillon de chasse de Mayerling à condition qu’ils se séparent ensuite pour toujours. Mais, dans l’intervalle, les patriotes hongrois se révoltent contre le pouvoir et Rodolphe plaide en leur faveur auprès de son père… Les mystères de Vienne La tragédie du double suicide de Mayerling, qui reste un mystère, a inspiré de nombreux ouvrages et plusieurs films. Terence Young, que l’on connaissait surtout pour ses films de James Bond, donne une tonalité quasiment documentaire aux premières scènes de son Mayerling, pour nous emporter ensuite dans le tourbillon d’une grandiose reconstitution historique.

17.35

LA ROUTE DE LA SOIE ET AUTRES MERVEILLES

TAKLAMAKAN, LES GROTTES DES MILLE BOUDDHAS
Série documentaire de Xavier Lefebvre (France, 2017, 15x26mn) - Avec : Alfred de Montesquiou - Coproduction : ARTE France, Électron Libre Productions
Après l’éprouvante traversée du désert du Taklamakan, les caravanes de la route de la soie atteignaient officiellement la Chine. Dans les dunes de l’oasis de Dunhuang – les fameuses dunes chantantes de Marco Polo –, Alfred de Montesquiou rencontre une éleveuse de chameaux, animaux sans lesquels le commerce eût été impossible. Aujourd’hui, l’oasis est devenue un haut lieu du tourisme, mais cet écosystème est fragile et il faut veiller à sa préservation. Le professeur Jianju Qu, géographe, étudie les mouvements de sable. En lisière de Dunhuang s’ouvre la vallée des Mille Bouddhas, site archéologique abritant des vestiges datant du IVe au XIVe siècle. On y trouve pas moins de 492 grottes et des salles peintes. Dans l’une des grottes trône un bouddha de 36 mètres de haut, le plus grand de Chine. Alfred de Montesquiou s’entretient avec les conservateurs de cet extraordinaire patrimoine.

18.05

JOHANN STRAUSS : LES FEMMES DE SA VIE

Documentaire de Barbara Weissenbeck (France/Autriche, 2025, 52mn) - Coproduction : ARTE GEIE, ORF
Célèbre compositeur autrichien, Johann Strauss II (1825-1899) a signé quelque quinze opérettes et près de cinq cents valses, polkas et quadrilles. Pour ne pas contrarier son père Johann Strauss I, peu enclin à partager sa gloire, le jeune prodige apprend d’abord le piano et le violon en secret. Une fois son talent reconnu, il est nommé chef de la musique municipale de Vienne, puis directeur de la musique des bals de la cour, comme son père avant lui. Les succès s’enchaînent alors avec, entre autres, Valse de l’empereur et Le beau Danube bleu, mais aussi, à l’instar d’Offenbach, avec des opérettes, comme La chauve-souris, qui triomphe. Son ascension doit toutefois beaucoup aux femmes qui l’ont entouré. Soutien précoce et indéfectible, sa mère, Anna, l’encourage dans sa vocation contre l’avis paternel. Devenue sa conseillère privilégiée, sa première épouse, la mezzo-soprano Jetty Treffz, contribue à sa notoriété internationale. La soprano Marie Geistinger, elle, s’impose comme une figure décisive dans son parcours d’auteur d’opérettes, tandis que sa troisième épouse, Adele, s’attachera à transmettre son œuvre à la postérité. Deux cents ans après la naissance du "roi de la valse", ce documentaire explore les ressorts du phénomène Strauss, génie musical devenu véritable star de son époque. Avec des spécialistes et des musicologues, il esquisse son portrait pour raconter en miroir le rôle essentiel des femmes de sa vie dans sa prodigieuse carrière.

19.00

JOHANN STRAUSS PAR LES WIENER SYMPHONIKER

TEATRO ROSSETTI DE TRIESTE
Concert (France/Autriche, 2025, 41mn) - Direction musicale : Petr Popelka - Avec : Christoph Stradner, Tara Stafford, Michael Spyres et l'Orchestre symphonique de Vienne - Réalisation : Marco Manin - Coproduction : ARTE GEIE, ORF III
Avec deux solistes américains, le ténor Michael Spyres et la soprano Tara Stafford, les Wiener Symphoniker fêtent le "roi de la valse" au Teatro Rossetti de Trieste. Petr Popelka, nouveau directeur musical de l’orchestre, dirige un programme varié et festif, dominé par des œuvres de Johann Strauss fils, dont l’année 2025 marque le bicentenaire de la naissance : Une nuit à Venise, Le baron tzigane, Roses du Sud… Le violoncelliste Christophe Stradner, lui, interprète une pièce peu connue du compositeur, Romance n° 2 pour violoncelle et orchestre. Des extraits d’opérettes de Franz Lehár, notamment La veuve joyeuse et Giuditta, complètent le programme de ce réjouissant concert, capté en avril dernier.

19.45

ARTE JOURNAL

(France/Allemagne, 2025, 20mn)

20.05

ROMY ET MAGDA SCHNEIDER

MÈRE, FILLE, RIVALES ?
Documentaire d’Andrea Oster (Allemagne, 2025, 52mn) - Coproduction : ARTE/ZDF, Ifage Filmproduktion
Enfant de la balle, Romy Schneider, née à Vienne en 1938, s’est rapidement imposée comme une légende du cinéma européen. Mais la plus française des Allemandes a entretenu une relation nourrie d’ambivalences avec sa mère Magda Schneider, actrice vedette des années 1930 – admirée par Hitler, qui la recevra avec sa fille dans son chalet de Berchtesgaden. C’est elle qui lance Romy dans le cinéma, en lui obtenant son premier rôle, à 14 ans, dans le film Quand refleuriront les lilas blancs de Hans Deppe (1953). Tandis que l’adolescente accède rapidement au statut de star en Allemagne, l’autoritaire Magda décide de prendre en main sa carrière, non sans concevoir de la jalousie face à son succès, qui éclipse le sien. L’année 1958 marque une véritable rupture entre la mère et la fille, quand Romy choisit de rejoindre à Paris Alain Delon, son premier grand amour, rencontré sur le tournage de Christine. L’actrice tourne désormais le dos au cinéma allemand d’après-guerre, alors que le duo qu'elle forme à l'écran avec sa mère y est très populaire. Cette emprise, dont Romy Schneider a souffert, l’a-t-elle poussée à fuir son pays pour tenter de se réinventer en France ? Amour, toujours Retraçant la vie de Romy, de son enfance dans un internat autrichien à sa mort prématurée en 1982, ce documentaire réinterroge cette relation mère-fille grâce aux témoignages de spécialistes, d'un biographe et d'une amie de Magda Schneider. Des lettres et des archives inédites nuancent les allégations de la presse sur de vifs conflits entre elles. Car, malgré les tensions – Romy étant notamment hantée par les accointances nazies de ses parents –, un lien profond, qu’elles n’ont jamais rompu, unissait les deux femmes.

21.00

DES HOMMES D'HONNEUR

(A Few Good Men) Film de Rob Reiner (États-Unis, 1992, 2h11mn, VF/VOSTF) - Scénario : Aaron Sorkin, d’après sa pièce - Avec : Tom Cruise, Jack Nicholson, Demi Moore, Kevin Bacon, Kevin Pollak, James Marshall, J. T. Walsh, Kiefer Sutherland - Production : Columbia Pictures, Castle Rock Entertainment, David Brown Productions
William Santiago est décédé sur la base navale de la baie de Guantanamo, à Cuba, après avoir été molesté par deux membres de son unité, Harold Dawson et Louden Downey. Le lieutenant Daniel Kaffee, jeune avocat militaire, est désigné pour assurer leur défense, au grand dam de JoAnne Galloway, qui doit se contenter d'un rôle de facilitatrice. Après des débuts difficiles, et avec le renfort de Sam Weinberg, un autre confrère, "Danny" et "Jo" vont néanmoins collaborer d’arrache-pied pour tenter de disculper les deux soldats, accusés de meurtre avec préméditation. Car Dawson et Downey n’ont fait qu’obéir aux ordres en menant ce tabassage disciplinaire – dénommé "code rouge" – qui a mal tourné. Problème : les preuves manquent et le colonel Nathan Jessep, le chef du bataillon, en passe d’intégrer le Conseil national de sécurité, apparaît plus que jamais intouchable... Hiérarchie implacable Sur un scénario d’Aaron Sorkin – adapté de sa pièce éponyme, elle-même inspirée de faits réels –, Rob Reiner (Quand Harry rencontre Sally, Misery...) déroule un thriller judiciaire au parfum très nineties, pénétré d’une efficacité toute hollywoodienne. Face à Demi Moore, excellente en pénaliste à la fois consciencieuse et enflammée, dont les ambitions se heurtent à la misogynie de l'institution militaire, Tom Cruise incarne avec aisance un jeune avocat désinvolte, roi de l’accord préalable, qui va se transcender au fil des débats – et, in fine, repousser l'ombre écrasante de son défunt père. Après une première partie centrée sur l'enquête préliminaire, la caméra s'invite dans la salle d’audience, où Danny fait preuve d’autant de sagacité que de bravade pour déstabiliser l’accusation, jusqu’à l’ultime face-à-face, d’anthologie, avec un Jack Nicholson (le colonel Jessep) transpirant la haine. Parcouru de questionnements moraux, un film de procès qui dénonce avec force les dérives de l’armée, commodément réfugiée derrière l’impératif sécuritaire.

23.10

DR. JACK & MR. NICHOLSON

Documentaire d'Emmanuelle Nobécourt (France, 2019, 54mn) - Auteures : Jeanne Burel et Emmanuelle Nobécourt - Coproduction : ARTE France, Morgane Production
Ses rôles les plus fameux font partie de la mémoire collective – même pour ceux qui n'ont pas vu les films – et flirtent presque tous avec la folie : le jeune borderline alcoolo d'Easy Rider, le faux malade mental de Vol au-dessus d'un nid de coucou, le dément meurtrier de Shining, l'hystérique Joker de Batman… Dans l'une des rares interviews au long cours qu'il a accordées (une radio, une vidéo, toutes deux nourrissant ce portrait), Jack Nicholson préfère parler de "losers", tous différents, mais racontant chacun un pan de son identité. Car ses films, a-t-il dit aussi, composent pour lui "une œuvre secrète, une autobiographie". Le plus spectaculaire de ces télescopages entre le cinéma et la vraie vie fut peut-être le tournage de Chinatown, en 1974, quand l'enfant sans père du New Jersey, brillante self-made star du Nouvel Hollywood, découvrit dans la presse que sa sœur aînée June était en réalité sa mère, en un troublant écho du scénario. L'outsider En cinquante ans de carrière, plus de soixante films et trois Oscars, l'acteur, aujourd'hui octogénaire, est devenu depuis longtemps, à l'égal d'un De Niro, une icône du cinéma mondial. Mais si tout le monde a en tête son sourire tour à tour ensorceleur et inquiétant, le mystère d'une personnalité qui s'est soigneusement cachée derrière d'innombrables alter ego est resté presque intact au fil des décennies. L'énigme "Jack", jamais tout à fait lui-même, ni tout à fait un autre, est au centre de ce documentaire en forme de jeu de piste. Avec le renfort, notamment, de son biographe Patrick McGilligan, de son vieil ami cinéaste Henry Jaglom, mais aussi de Roger Corman, qui a permis à son talent d'éclore, Emmanuelle Nobécourt propose une analyse convaincante et émouvante d'un éternel outsider, qui se révèle aussi un insatisfait chronique. De son premier rôle au cinéma, en 1958, à son dernier en date, en 2010, elle utilise ses films comme autant d'indices pour faire apparaître la figure tourmentée d’un homme en colère et hanté par l'échec, mais assumant crânement ses fêlures comme son refus obstiné de se trouver là où on l'attend.

00.10

JOHANN STRAUSS : "LA CHAUVE-SOURIS"

Opérette en trois actes de Johann Strauss II (Allemagne, 2023, 2h50mn) - Livret : Karl Haffner et Richard Genée, d’après Le réveillon de Ludovic Halévy et Henri Meilhac - Mise en scène : Barrie Kosky - Direction musicale : Vladimir Jurowski - Avec : Georg Nigl, Diana Damrau, Martin Winkler, Andrew Watts, Sean Panikkar, Markus Brück, Kevin Conners, Katharina Konradi, les Chœurs et l’Orchestre de l’Opéra d’État de Bavière - Réalisation : Michael Beyer - Coproduction : ARTE/BR, ZDF, Naxos, Bayerische Staatsoper
À l’occasion d’un bal masqué, le docteur Falke cherche à se venger de Gabriel von Eisenstein, un ancien ami qui l’avait abandonné après une fête, le laissant endormi, ivre et déguisé en chauve-souris. Contraint, le lendemain matin, de traverser la ville ainsi accoutré et encore titubant, il s’était senti profondément humilié. Pour punir le coupable, Falke a un plan : il s’arrangera pour qu’Eisenstein soit pris en flagrant délit d’adultère pendant le bal. Dès lors, coups bas et intrigues s’entrecroisent, si bien que tout le monde en prend pour son grade… Œuvre pétillante Dans un tourbillon à trois temps, le roi de la valse Johann Strauss II moque les faiblesses des hommes avec une gaieté teintée de cynisme grinçant. Troisième opérette du compositeur, La chauve-souris (Die Fledermaus) s’inspire du Réveillon, une pièce du duo Meilhac et Halévy – célèbres librettistes des grands succès d’Offenbach. L’œuvre séduit tant le public à sa création à Vienne en 1874 qu’elle sera jouée près de cinquante fois dans les deux mois qui suivent la première. Si l’action ne se déroule plus le soir de la Saint-Sylvestre dans la version viennoise du livret, le Bayerische Staatsoper a néanmoins choisi l’opportune période des fêtes de fin d’année pour présenter cette œuvre pétillante qui invite à l'évasion. Le maestro Vladimir Jurowski et le metteur en scène Barrie Kosky, tandem mythique de l'Opéra-Comique de Berlin, sont de nouveau réunis à Munich pour l’occasion, aux côtés d’un plateau de haut vol dominé par la soprano allemande Diana Damrau (Rosalinde) et le baryton autrichien Georg Nigl (Eisenstein).

02.50

LITTLE BIRD (1/6)

Série de Jennifer Podemski et Hannah Moscovitch (Canada, 2023, 6x45mn, VF/VOSTF) - Scénario : Hannah Moscovitch, Zoe Hopkins - Réalisation : Elle-Máijá Tailfeathers (1 à 3), Zoe Hopkins (4 à 6) - Avec : Darla Contois, Ellyn Jade, Osawa Muskwa, Joshua Odjick, Imajyn Cardinal, Braeden Clarke, Eric Schweig, Lisa Edelstein - Production : Original Pictures, Rezolution Pictures
En 1968, Bezhig Little Bird, fillette de 5 ans issue des Premières nations, ainsi que deux de ses frères et sœurs sont arrachés à leur famille par les services de protection de l’enfance sur la réserve de Long Pine, au Canada, puis placés à l’adoption. Seul leur grand frère, parti à la chasse avec son père, échappe à cet enlèvement. Désormais âgée d’une vingtaine d’années, Bezhig, renommée Esther Rosemblum par sa famille adoptive, vit à Montréal, prépare le barreau et se trouve sur le point de se marier. Le racisme larvé dont elle fait l’objet génère toutefois en elle un profond malaise, qui la pousse à partir en quête de réponses sur ses origines... Une fresque saisissante Qu’advient-il de la mémoire, du lien fondamental que l’on entretient avec ses parents, quand on en est privé à l’âge où se forment justement les premiers souvenirs ? En s’emparant de l’histoire, méconnue en France, de la "rafle des années 1960" au Canada – une politique gouvernementale qui conduisit au rapt de plus de 20 000 enfants des communautés des Premières Nations, métisses et inuites, dans le but de les assimiler à la culture dominante –, Jennifer Podemski vient combler une béance du paysage audiovisuel. Cette showrunneuse canadienne, anichinabée par sa mère et juive par son père, soit un profil très similaire à celui d’Esther, héroïne de cette minisérie, a peuplé sa fresque d’une équipe technique et d’un casting d’ascendance autochtone, directement concernés par les faits. En rendant leur place à ces populations persécutées, Little Bird trouve une justesse d’interprétation remarquable et un pouvoir d’immersion rare, où deux époques – la fin des années 1960 et le milieu des années 1980, période à laquelle Esther entreprend ses recherches sur ses origines – se répondent de manière saisissante. Une quête d’identité et un travail de mémoire à la portée universelle.

03.35

LITTLE BIRD (2/6)

Série de Jennifer Podemski et Hannah Moscovitch (Canada, 2023, 6x45mn, VF/VOSTF) - Scénario : Hannah Moscovitch, Zoe Hopkins - Réalisation : Elle-Máijá Tailfeathers (1 à 3), Zoe Hopkins (4 à 6) - Avec : Darla Contois, Ellyn Jade, Osawa Muskwa, Joshua Odjick, Imajyn Cardinal, Braeden Clarke, Eric Schweig, Lisa Edelstein - Production : Original Pictures, Rezolution Pictures
Dans le bureau de sa mère, Esther retrouve les documents liés à son adoption ainsi qu’une coupure de journal où figure une photo d’elle enfant et une carte de visite. Alors que des bribes de souvenirs lui reviennent progressivement, on suit, en flashback, la lutte que mena Patti Little Bird, sa mère biologique, pour récupérer ses enfants à la fin des années 1960. Arrivée à Regina, dans la région du Saskatchewan, Esther tente d’accéder à son dossier mais l’accès lui en est refusé, en vertu des lois encore en vigueur au Canada.

05.10

BIENVENUE À SAINT-MORITZ !

LUXE, NEIGE ET GLISSE
Documentaire de Moritz Müller-Preißer (Allemagne, 2024, 43mn)
Perché à plus de 1 800 mètres d’altitude dans la vallée de l’Engadine, au cœur des Alpes suisses, Saint-Moritz compte parmi les stations de ski les plus huppées d’Europe. Simple village de montagne il y a encore un siècle et demi, le bourg s’impose au fil du XXe siècle comme un haut lieu hivernal du tourisme international, attirant une clientèle fidèle de renom, de Coco Chanel, qui y trouve refuge pendant la Seconde Guerre mondiale, à Alfred Hitchcock, venant y puiser l’inspiration pour son film L'homme qui en savait trop. Les hôtels de luxe transforment ainsi peu à peu le village alpin au cadre idyllique en un terrain de jeux où toutes les fantaisies de stars sont permises : Saint-Moritz ou le paradis chic de la glisse.

05.55

ARTE REGARDS

Reportage (France, 2025, 30mn)